Jeux d’argent en ligne : Swisslos et la Loterie Romande dénoncent une prévention proche de la paranoïa


Mis en consultation par le Conseil Féderal suisse le 30 avril 2014, la nouvelle loi portant sur les jeux d’argent en ligne fait en ce moment beaucoup parler d’elle. Si le nouveau texte propose l’introduction de jeux de hasard sur internet attractifs, innovants et respectables sur le plan social, les opérateurs actuellement en place craignent une prévention excessive de la part du gouvernement, qui souhaitent tout de même protéger les personnes à risque mais aussi les mineurs, de plus en plus affectés par le « jeu » dans son ensemble.

Assurer des bénéfices stables liés aux jeux en ligne sur le long terme

Le nouveau texte de loi portant sur le marché helvète des jeux de casino en ligne devrait donner aux sociétés vidéo ludiques les moyens de proposer des produits inédits et responsables en termes d’éthique. Le challenge est de taille pour les sociétés gérées par l’État telles que Swisslos et la Loterie Romande puisque leurs bénéfices devraient être redistribués à l’utilité publique, notamment dans les domaines de la culture et du sport. Il y a d’ailleurs, ici, un amalgame important à faire.

« Le jeu ne doit pas être présenté comme une façon de gagner de l’argent, c’est le plaisir de jouer qui doit être mis en avant. »

Si Addiction Suisse, Swisslos et la Loterie Romande sont pour l’affermissement de la prévention, ces trois organismes ne sont pas tout à fait sur la même longueur d’onde au sujet de l’étendue que doivent revêtir de telles actions. En effet, les moyens réclamés pour garantir la sécurité et le bien-être des joueurs sont restés très imprécis et les quelques opérateurs cités craignent un excès des dispositions mises en place. « Il n’y a plus de harcèlement vis-à-vis de la légalité de nos jeux », a assuré Jean-Pierre Beuret, directeur de la Loterie Romande. « Le problème, c’est que maintenant, la prévention risque d’être dans l’excès et tout cela sera contre-productif », prévient l’homme qui pointe du doigt une réflexion basée sur un surplus d’approximations. En effet, uniquement 2% de la population seraient dépendants aux jeux de hasard en Suisse. Mais encore faut-il savoir comment une telle dépendance est susceptible de se manifester.

Vers une limitation effective de la publicité pour les jeux d’argent ?

Quant à Addiction Suisse, l’entité considère qu’il est temps de réduire l’ensemble de la publicité faisant la promotion des jeux de casino. Addiction Suisse ne veut bien évidemment pas la voir disparaître mais souhaite surtout sa limitation, notamment dans des domaines surmédiatisés tels que ceux du sport et des médias culturels. « Le jeu ne doit pas être présenté comme une façon de gagner de l’argent, c’est le plaisir de jouer qui doit être mis en avant ». Du côté d’Addiction Suisse, on reste toutefois sceptique quant à l’efficacité de la nouvelle loi. Réussira-t-elle à maintenir le faible pourcentage de joueurs ayant développé une pathologie vis-à-vis du jeu ?

À noter que la nouvelle loi n’est de toute façon pas prête à entrer en vigueur. En effet, elle ne devrait devenir une réalité qu’à partir de 2018. Il lui faut encore passer devant les Chambres Fédérales début 2016. L’une des principales priorités sera alors d’éradiquer les casinos en ligne gérés depuis des paradis fiscaux, chose à laquelle le gouvernement suisse est formellement opposé.

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